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Plan de retraite

Combien il vous faut, et à partir de quand.

La plupart des gens découvrent le montant qu'il leur manque au moment où il est trop tard pour le corriger. Une planification de retraite, ça se construit vingt ans à l'avance, pas le vendredi de votre dernière semaine de travail. Voici comment on regarde ça ensemble.

Le point de départ

Une retraite, ça se planifie en amont, pas rendu à la retraite.

C'est la phrase que je répète le plus souvent, et c'est celle qui coûte le plus cher à ignorer. Voici pourquoi : quatre personnes mettent exactement 300 $ par mois de côté jusqu'à 65 ans. La seule différence entre elles, c'est l'âge où elles ont commencé.

458 000 $ Départ à 25 ans
Croissance
Versé

144 000 $ versés
sur 40 ans

250 000 $ Départ à 35 ans
Croissance
Versé

108 000 $ versés
sur 30 ans

123 000 $ Départ à 45 ans
Croissance
Versé

72 000 $ versés
sur 20 ans

47 000 $ Départ à 55 ans
Versé

36 000 $ versés
sur 10 ans

Ce que vous avez versé de votre poche Ce que le rendement a ajouté

Illustration à 5 % de rendement net annuel, capitalisé mensuellement, montants arrondis. Celle qui a commencé à 25 ans a versé quatre fois plus que celle qui a commencé à 55 ans, mais elle se retrouve avec près de dix fois plus. Ce n'est pas le montant qui fait la différence, c'est le temps. Les rendements ne sont pas garantis et une illustration n'est pas une projection de votre situation.

Six raisons

de commencer maintenant plutôt que dans cinq ans.

Maintenir votre niveau de vie. Réduire le stress financier. Optimiser vos impôts. Protéger votre famille. Créer des revenus passifs. Et surtout : éviter de dépendre uniquement des régimes gouvernementaux.

Chacune de ces six raisons est plus facile à réaliser tôt, et plus coûteuse à rattraper tard.

01

Le temps fait le gros du travail

Dans l'exemple ci-dessus, 314 000 $ des 458 000 $ ne viennent pas de vos poches. Ils viennent des années.

02

Vous encaissez mieux les mauvaises années

Un recul des marchés à 40 ans se rattrape. Le même recul à 63 ans, vous n'avez plus le temps de le rattraper.

03

Vous payez moins d'impôt en chemin

Les cotisations REER réduisent votre revenu imposable chaque année. Vingt ans de déductions, ce n'est pas la même chose que cinq.

04

Vos protections coûtent moins cher jeune

L'assurance vie et l'assurance maladies graves qui sécurisent le plan se tarifent selon l'âge. Chaque année d'attente se paie.

05

Vous gardez le choix de la date

C'est l'avantage dont personne ne parle. Quelqu'un qui a commencé tôt peut décider de partir à 60 ans, ou de continuer à 67 parce que ça lui plaît. Quelqu'un qui a commencé tard n'a plus de choix : il travaille jusqu'à ce que les chiffres fonctionnent. La planification, au fond, ce n'est pas d'accumuler le plus d'argent possible : c'est d'acheter la liberté de décider vous-même du moment.

La question centrale

Est-ce que vous avez assez avec seulement les régimes gouvernementaux?

Pour la très grande majorité des gens, la réponse est non, et l'écart est plus gros qu'on pense. iA le résume ainsi : les régimes gouvernementaux ne représentent qu'environ 37 % du revenu de la plupart des retraités, alors qu'il en faut au moins 70 % de votre salaire d'avant pour conserver votre niveau de vie. Voici ce que ça donne en dollars.

1 507,65 $

Rente maximale du RRQ à 65 ans, par mois. C'est un plafond : la rente réelle dépend de vos revenus de travail et du nombre d'années cotisées.

742,31 $

Pension de la Sécurité de la vieillesse à taux plein, par mois, entre 65 et 74 ans. Elle exige 40 ans de résidence au Canada après 18 ans.

27 000 $

Le maximum théorique des deux réunis, par année, avant impôt. C'est le plafond absolu de ce que l'État vous versera.

Choisissez votre salaire actuel

Salaire de 50 000 $

Il vous faut 35 000 $ par année à la retraite.

8 000 $

manquent chaque année, une fois le RRQ et la PSV encaissés.

Ce que l'État verse27 000 $

Capital à accumuler125 000 $

Salaire de 60 000 $

Il vous faut 42 000 $ par année à la retraite.

15 000 $

manquent chaque année, une fois le RRQ et la PSV encaissés.

Ce que l'État verse27 000 $

Capital à accumuler234 000 $

Salaire de 75 000 $

Il vous faut 52 500 $ par année à la retraite.

25 500 $

manquent chaque année, une fois le RRQ et la PSV encaissés.

Ce que l'État verse27 000 $

Capital à accumuler398 000 $

Salaire de 100 000 $

Il vous faut 70 000 $ par année à la retraite.

43 000 $

manquent chaque année, une fois le RRQ et la PSV encaissés.

Ce que l'État verse27 000 $

Capital à accumuler672 000 $

Salaire de 150 000 $

Il vous faut 105 000 $ par année à la retraite.

78 000 $

manquent chaque année, une fois le RRQ et la PSV encaissés.

Ce que l'État verse27 000 $

Capital à accumuler1 219 000 $

Passez d'un salaire à l'autre. La règle du 70 % vient de Statistique Canada et sert de repère, pas de vérité : vos vraies dépenses à la retraite, on les calcule à partir de votre budget. Le capital à accumuler correspond à la somme nécessaire pour combler l'écart pendant 25 ans avec un rendement net de 4 %, avant impôt et avant inflation. C'est un ordre de grandeur, pas une projection. Montants du RRQ et de la PSV en vigueur en 2026. Et retenez surtout ceci : les 27 000 $ sont un maximum. La plupart des gens reçoivent nettement moins, parce que la rente du RRQ dépend de ce que vous avez gagné et du nombre d'années où vous avez cotisé. Votre relevé de participation de Retraite Québec vous donne votre chiffre réel. Apportez-le.

Vos revenus de retraite

Trois familles de revenus, et vous n'en contrôlez qu'une seule.

Un revenu de retraite ne vient jamais d'une seule source. Il se compose de trois blocs qui n'ont ni les mêmes règles, ni les mêmes montants, ni le même niveau de certitude. Les connaître, c'est la première étape pour savoir où vous en êtes vraiment.

Le plancher

Ce que l'État vous verse, quoi qu'il arrive.

Deux programmes, deux logiques différentes. Le RRQ est contributif : vous n'y avez droit que si vous avez cotisé, et le montant dépend de vos revenus de travail. La PSV est universelle : elle ne dépend que de votre âge et de vos années de résidence au Canada, mais elle se récupère si votre revenu est élevé.

  • RRQ : à partir de 60 ans, sur demande, jamais automatique
  • PSV : à partir de 65 ans, également sur demande
  • Le Supplément de revenu garanti s'ajoute pour les revenus modestes
  • Les deux sont imposables (sauf le SRG) et indexés au coût de la vie

Le maximum combiné

27 000 $

par année, avant impôt, si vous avez droit au plein montant des deux. C'est le seul bloc que vous ne pouvez pas augmenter en épargnant davantage.

Le seul que vous contrôlez

Vos épargnes : c'est ici que tout se joue.

REER, CELI, CELIAPP, placements non enregistrés, revenus locatifs, revenus corporatifs et dividendes si vous avez une entreprise. C'est le bloc le plus flexible, le seul que vous pouvez faire grossir par vos décisions, et donc celui qui fait la différence entre les deux retraites possibles.

  • Aucun plafond de revenu à la retraite : c'est vous qui décidez
  • Le traitement fiscal varie énormément d'un compte à l'autre
  • L'ordre dans lequel vous décaissez change la facture d'impôt
  • Une partie peut se transformer en rente garantie à vie

La part à combler

Le reste

Sur un salaire de 75 000 $, c'est près de la moitié du revenu dont vous aurez besoin. Sur 100 000 $, c'est presque les deux tiers.

Souvent mal compris

Le régime de votre employeur, s'il y en a un.

Fonds de pension, régime collectif, REER collectif, fonds de travailleurs comme le FTQ ou Fondaction. Beaucoup de gens tiennent pour acquis que « le fonds de pension va s'occuper de ça » sans jamais avoir lu leur relevé annuel. C'est souvent la plus grosse surprise du dossier.

  • Un relevé vous est envoyé chaque année : c'est le document clé
  • Une rente coordonnée diminue à 65 ans, au moment où le RRQ commence
  • Si vous changez d'emploi, les sommes se transfèrent souvent dans un CRI
  • Un régime à cotisation déterminée ne garantit aucun montant

À vérifier en priorité

Votre relevé

C'est la pièce la plus souvent manquante quand quelqu'un s'assoit avec moi. Elle change parfois complètement le portrait, dans un sens comme dans l'autre.

Cliquez sur chaque famille. On additionne les trois, on les compare à vos dépenses prévues, et l'écart apparaît tout seul.

Les outils

REER et CELI d'abord. Puis tout le reste.

Ce sont les deux piliers d'une retraite au Québec, et ils fonctionnent à l'envers l'un de l'autre : le REER vous donne une déduction maintenant et vous impose plus tard, le CELI ne donne rien maintenant et ne vous impose jamais. Le bon choix dépend de votre taux d'imposition aujourd'hui comparé à celui que vous aurez à la retraite.

Le pilier de la retraite

Régime enregistré d'épargne-retraite

  • Vous déduisez vos cotisations de votre revenu imposable : plus votre taux marginal est élevé, plus le retour est important
  • Vos placements croissent sans être imposés tant qu'ils restent dedans
  • Les retraits sont pleinement imposables, mais en principe à un taux plus bas, puisque votre revenu de retraite est moindre
  • Les droits inutilisés s'accumulent indéfiniment; c'est souvent là que se cache la marge de manœuvre
  • Vous pouvez cotiser au REER de votre conjoint pour équilibrer vos deux revenus à la retraite
  • À 71 ans, il se transforme obligatoirement en FERR ou en rente

Plafond annuel

18 %

de votre revenu gagné de l'année précédente, jusqu'au plafond annuel fixé par le gouvernement, moins le facteur d'équivalence si vous participez à un régime d'employeur.

Le plus souple des deux

Compte d'épargne libre d'impôt

  • Aucune déduction à la cotisation, mais aucun impôt au retrait, jamais, ni sur le capital ni sur le rendement
  • Les retraits ne comptent pas comme un revenu : ils ne réduisent ni la PSV ni le Supplément de revenu garanti
  • Ce qui est retiré redevient un droit de cotisation l'année suivante
  • Aucune limite d'âge pour cotiser, contrairement au REER
  • Le plafond est le même pour tout le monde, peu importe le revenu
  • Vérifiez que vous y êtes inscrit comme titulaire remplaçant et non comme simple bénéficiaire : les deux mots n'ont pas le même effet au décès

Plafond annuel

7 000 $

pour l'année en cours, plus tous les droits inutilisés depuis 2009 ou depuis vos 18 ans. Beaucoup de gens ont des dizaines de milliers de dollars de droits dormants sans le savoir.

Le meilleur des deux mondes

Compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat d'une première propriété

  • Déduction à la cotisation comme le REER, retrait non imposable comme le CELI
  • Réservé à l'achat d'une première propriété admissible
  • Le compte a une durée de vie limitée : au terme, les sommes non utilisées se transfèrent dans votre REER sans toucher vos droits
  • C'est ce transfert qui en fait aussi un outil de retraite, même si vous n'achetez jamais
  • Il peut se combiner au RAP pour un même achat

Plafond

8 000 $

par année, jusqu'à un maximum cumulatif de 40 000 $. Si vous êtes admissible et que vous ne l'utilisez pas, vous laissez sur la table le seul compte doublement avantagé qui existe.

Quand les autres sont pleins

Les placements non enregistrés

  • Aucun plafond de cotisation : c'est là que va l'épargne excédentaire
  • Trois types de revenus, trois traitements fiscaux très différents : le gain en capital est imposé sur la moitié seulement, le dividende canadien bénéficie d'un crédit, l'intérêt est imposé au complet
  • Vous pouvez encaisser en tout temps, sans règle de retrait
  • C'est souvent le compte qu'on décaisse en premier ou en dernier selon la stratégie fiscale, rarement au milieu
  • En fonds distincts, il permet de nommer un bénéficiaire et d'éviter le passage par la succession

Plafond annuel

Aucun

La contrepartie : le rendement est imposé chaque année. C'est pourquoi on remplit d'abord le REER et le CELI, et seulement ensuite le non enregistré.

Ce qui vient d'un ancien emploi

Compte de retraite immobilisé et fonds de revenu viager

  • Le CRI reçoit les sommes transférées d'un fonds de pension quand vous quittez un employeur
  • « Immobilisé » veut dire ce que ça dit : vous ne pouvez pas y toucher avant l'âge prévu, sauf exceptions
  • Au moment de la retraite, il devient un FRV, ou sert à acheter une rente viagère
  • Le FRV impose un retrait minimum annuel, et il n'y a plus de retrait maximum au Québec à partir de 55 ans
  • Attention au décès : sur un régime immobilisé, votre conjoint passe souvent avant vos enfants, peu importe ce que dit votre testament

À surveiller

Les règles

Un CRI provincial et un REER immobilisé fédéral n'obéissent pas aux mêmes lois. D'où vient le régime détermine ce qui arrive à l'argent, de votre vivant comme après.

Cliquez sur chaque compte. Les plafonds indiqués sont ceux de 2026 et changent chaque année. En pratique, presque personne ne devrait choisir entre le REER et le CELI : on utilise les deux, dans un ordre qui dépend de votre taux d'imposition actuel, de vos droits accumulés et de vos revenus prévus à la retraite. C'est exactement le genre de calcul qu'on fait ensemble en une rencontre. Vous trouverez le détail de chaque véhicule d'épargne sur la page Épargne et placements.

La grosse question

Votre fonds de pension est-il réellement suffisant?

C'est la phrase qui revient le plus souvent : « moi, j'ai un fonds de pension, je suis correct ». Parfois c'est vrai. Souvent, ça mérite un deuxième regard, parce que tous les fonds de pension ne promettent pas la même chose, et que certains ne promettent rien du tout.

Le plus rassurant

On vous promet un montant, pas un solde.

C'est le régime dont tout le monde rêve : la rente est calculée d'avance par une formule, généralement un pourcentage de votre salaire admissible multiplié par vos années de service. Exemple : un salaire admissible de 40 000 $, 25 années reconnues, un taux de 2 % : la rente annuelle sera de 20 000 $.

  • Deux points à vérifier sur votre relevé : la rente est-elle indexée au coût de la vie?
  • Et surtout : est-elle coordonnée? Une rente coordonnée diminue d'un montant égal à votre RRQ le jour de vos 65 ans
  • Beaucoup de gens ne réalisent pas cette baisse avant de la voir sur leur relevé bancaire

Ce qui est garanti

La rente

Le montant est connu à l'avance. Le risque de rendement et de longévité est porté par le régime, pas par vous.

Le plus répandu aujourd'hui

On vous promet des cotisations, pas un revenu.

Ici, ce qui est fixé à l'avance, ce sont les versements : les vôtres et ceux de l'employeur, habituellement un pourcentage du salaire. Le montant de votre rente, lui, n'est connu de personne : il dépendra de ce que les placements auront rapporté. Vous ne le saurez qu'au moment de partir.

  • Le risque de rendement est porté par vous, pas par l'employeur
  • À la retraite, les sommes se transfèrent dans un FRV, ou servent à acheter une rente viagère
  • C'est précisément ce type de régime qui justifie de continuer à épargner à côté

Ce qui est garanti

Rien

Aucun montant de rente n'est promis. C'est la différence la plus importante à comprendre, et celle qui surprend le plus.

Fréquent en PME

Un régime à cotisation déterminée, en plus léger.

C'est essentiellement le même mécanisme que le précédent, mais mis sur pied et administré par une institution financière. Pas de comité de retraite, pas d'assemblée annuelle, une administration simplifiée. Beaucoup de petites et moyennes entreprises l'offrent pour cette raison.

  • Mêmes conséquences pour vous que le régime à cotisation déterminée
  • À la retraite : FRV ou rente viagère
  • Vérifiez ce que l'employeur verse de son côté : c'est l'élément qui varie le plus

Ce qui est garanti

Rien

Comme le régime à cotisation déterminée : ce sont les versements qui sont fixés, pas le résultat.

Pour les entrepreneurs

Le régime de retraite individuel.

Un régime à prestations déterminées créé par une entreprise pour une seule personne : un dirigeant, un employé clé. Il permet souvent de cotiser bien au-delà du plafond REER, ce qui en fait un outil puissant pour un propriétaire d'entreprise dans la deuxième moitié de sa carrière.

  • Les cotisations sont faites par l'entreprise et déductibles pour elle
  • Le montant de la rente est fixé par une formule dès la mise en place
  • À la retraite : rente viagère, ou transfert en REER ou en CRI selon l'enregistrement du régime
  • Sa mise en place demande un actuaire et une décision fiscale : je vous mets en contact avec les bonnes personnes

Ce qui est garanti

La rente

Et un plafond de cotisation souvent supérieur au REER, ce qui en fait un rattrapage possible pour un entrepreneur qui a longtemps réinvesti dans son entreprise.

Un bonus, pas un régime

Le régime de participation différée aux bénéfices.

L'employeur partage une part de ses profits avec ses employés en vue de la retraite. Vous ne pouvez pas y cotiser vous-même. L'impôt sur les revenus produits est reporté, et au moment de la retraite ou du départ, les sommes se transfèrent dans votre REER.

  • Le montant dépend des profits de l'entreprise : rien n'est promis d'une année à l'autre
  • Options au départ : retrait total, REER, FERR ou rente
  • À traiter comme un supplément agréable, jamais comme la base du plan

Ce qui est garanti

Rien

Si l'entreprise ne fait pas de profits, il n'y a pas de versement. C'est le régime le plus variable des cinq.

Cliquez sur chaque type. Si vous ne savez pas lequel vous avez, c'est écrit sur votre relevé annuel, et si vous ne trouvez pas le relevé, votre service des ressources humaines peut vous le fournir en quelques jours.

Trois pièges

qui font qu'un « bon » fonds de pension ne suffit pas.

Un régime d'employeur est un excellent départ. Ce n'est presque jamais un plan de retraite complet à lui seul, et voici les trois raisons qui reviennent le plus souvent dans mes dossiers.

Aucune de ces trois n'apparaît sur le relevé annuel. Il faut aller les chercher.

01

La rente coordonnée

Votre rente d'employeur baisse à 65 ans quand le RRQ commence. Le revenu total n'augmente pas comme prévu : il se déplace.

02

L'absence d'indexation

Une rente non indexée de 20 000 $ vaut environ 11 000 $ en pouvoir d'achat après 25 ans à 2 % d'inflation. Le chiffre ne bouge pas, mais sa valeur fond.

03

Les années manquantes

La rente se calcule sur les années reconnues. Un changement d'employeur, un congé, un retour aux études : chaque trou réduit le montant final.

04

Le vrai test, en une phrase

Prenez le montant annuel inscrit sur votre relevé, ajoutez le RRQ et la PSV auxquels vous aurez droit, et comparez le total à 70 % de votre salaire actuel. Si le compte y est, tant mieux : on se concentrera sur l'optimisation fiscale et la protection du plan. S'il manque quelque chose, vous venez de trouver le montant que vos épargnes personnelles doivent générer. Dans les deux cas, vous saurez enfin où vous en êtes, et c'est tout ce qu'on cherche à ce stade-ci.

Une décision à 100 000 $

À quel âge demander vos rentes gouvernementales?

Ni le RRQ ni la PSV ne se versent automatiquement : il faut en faire la demande, et le moment que vous choisissez change le montant pour le reste de votre vie. C'est l'une des rares décisions de retraite qui est entièrement entre vos mains, et l'une des plus mal comprises.

RRQ à 60 ans

964,90 $

− 36 % par rapport à 65 ans

La rente est réduite de 0,6 % par mois d'anticipation. Ça peut quand même être le bon choix si vous en avez besoin maintenant, si votre santé le justifie, ou si vous préférez laisser vos placements croître.

RRQ à 65 ans

1 507,65 $

Le montant de référence

C'est le montant de référence, celui qu'on voit partout. La plupart des gens reçoivent moins, parce que la rente dépend des revenus inscrits à votre nom et du nombre de mois cotisés.

RRQ à 72 ans

2 394,15 $

+ 58,8 % par rapport à 65 ans

Chaque mois de report ajoute 0,7 %. Au Québec, le report est maintenant possible jusqu'à 72 ans. C'est la façon la plus simple et la plus sûre d'augmenter un revenu garanti à vie et indexé.

PSV à 70 ans

1 009,54 $

+ 36 % par rapport à 65 ans

Le report de la PSV ajoute 0,6 % par mois, jusqu'à 70 ans. Après, il n'y a plus d'avantage. Elle passe aussi à 816,54 $ automatiquement à 75 ans.

Montants mensuels maximaux en vigueur en 2026, avant impôt. Reporter n'est pas toujours gagnant : ça dépend de votre espérance de vie, de vos autres revenus, de votre besoin de liquidités et de la récupération de la PSV, qui commence à 95 323 $ de revenu net et l'élimine complètement à 154 708 $. Si vous êtes admissible au Supplément de revenu garanti, reporter la PSV ne vous avantage pas. Et si vous continuez à travailler après 60 ans tout en recevant votre RRQ, vos nouvelles cotisations augmentent la rente automatiquement, sans demande de votre part. C'est exactement le genre d'arbitrage qu'on chiffre ensemble, avec votre relevé de participation en main.

Les trois risques

Ce qui peut faire dérailler un bon plan.

Trois choses échappent complètement à votre contrôle, et un plan de retraite sérieux doit en tenir compte dès le départ. La première est aussi la plus silencieuse : elle ne fait jamais les manchettes, mais elle grignote votre revenu année après année.

L'inflation : ce qu'il faudra pour vivre comme aujourd'hui

Si vous avez besoin de 50 000 $ par année aujourd'hui, voici le revenu qu'il vous faudra dans le futur pour acheter exactement les mêmes choses.

DansInflation de 2 %Inflation de 3 %Inflation de 4 %
5 ans55 204 $57 964 $60 833 $
10 ans60 950 $67 196 $74 012 $
15 ans67 293 $77 898 $90 047 $
20 ans74 297 $90 306 $109 556 $
25 ans82 030 $104 689 $133 292 $
30 ans90 568 $121 363 $162 170 $

Tableau reproduit du guide Planification du revenu de retraite d'iA Groupe financier. Regardez la colonne du milieu : à 3 % d'inflation, il faudra plus du double dans trente ans pour maintenir le même train de vie. C'est la raison principale pour laquelle un portefeuille de retraite ne peut pas être entièrement en placements garantis : il lui faut au moins une part dont le rendement espéré dépasse l'inflation.

Risque 2

La longévité

Une personne qui atteint 65 ans vit en moyenne jusqu'à 84 ans si elle est un homme, 87 ans si elle est une femme. Le nombre d'années à la retraite peut donc égaler le nombre d'années travaillées, et il faut beaucoup d'argent pour vivre sans salaire pendant 20, 30, parfois 40 ans.

C'est le risque d'épuiser son capital de son vivant.

Risque 3

La maladie grave

Un diagnostic important oblige souvent à quitter le marché du travail plus tôt que prévu, exactement au moment où l'on épargnait le plus. S'ajoutent les médicaments, les traitements, l'adaptation du domicile, les soins. Un plan de retraite qui n'est pas protégé de ce côté peut s'effondrer en quelques mois.

Voir la page Maladie grave

Le préalable

Avant d'accumuler, protéger

C'est l'ordre que je respecte dans tous les dossiers : on vérifie d'abord l'assurance vie, l'assurance invalidité, l'assurance maladies graves et le fonds d'urgence, idéalement trois à six mois de dépenses. Ensuite seulement, on parle d'accumulation. Un capital sans protection, c'est un plan à une seule mauvaise nouvelle de l'échec.

Voir la page Protection du revenu

Une fois rendu là

Une retraite ne coûte pas le même prix du début à la fin.

C'est une des choses les plus utiles à comprendre quand on chiffre un plan : les dépenses ne sont pas une ligne droite. iA découpe la retraite en trois périodes, et le budget de chacune ne ressemble pas aux autres.

Phase 1

L'accélération

Le moment le plus actif. C'est là qu'on concrétise les projets mis de côté pendant trente ans : les voyages, les rénovations, le chalet, le véhicule récréatif. Les dépenses sont souvent plus élevées que pendant les dernières années de travail.

Prévoir plus, pas moins.

Phase 2

La pédale douce

L'énergie diminue, mais les loisirs continuent. Les grands projets s'espacent, les dépenses de voyage baissent, et celles liées à la santé commencent à monter. Le budget se stabilise, mais sa composition change.

Le point d'équilibre.

Phase 3

La décélération

La mobilité se réduit. Les soins de santé et l'hébergement deviennent souvent le principal poste de dépenses, et le total peut dépasser celui de la phase précédente. C'est la période qu'on sous-estime presque toujours.

Celle qu'on oublie de budgéter.

La démarche

Les sept étapes qu'on franchit ensemble.

Voici exactement comment se déroule un plan de retraite avec moi. Rien de mystérieux : c'est une suite de questions, dans un ordre qui compte.

1

Définir votre vision

Avant de parler de placements, on parle de vous. À quel âge voulez-vous ralentir ou arrêter? Restez-vous au Canada? Quel revenu mensuel aimeriez-vous avoir? Voulez-vous voyager, aider vos enfants, laisser un héritage, vendre votre entreprise? Sans réponse à ces questions, aucun chiffre n'a de sens.

2

Faire le portrait financier complet

Vos revenus : salaire, commissions, entreprise, locatifs. Vos dépenses : hypothèque, véhicules, cartes, famille, loisirs. Vos dettes. Vos actifs : CELI, REER, CELIAPP, REEE, non enregistré, immobilier, valeur de l'entreprise, fonds d'urgence. C'est l'étape la moins agréable et la plus déterminante.

3

Vérifier les protections

Assurance vie pour la famille et les dettes, assurance invalidité pour le revenu, assurance maladies graves en cas de diagnostic, fonds d'urgence de trois à six mois. On protège le revenu avant d'accumuler du capital, jamais l'inverse.

4

Comprendre vos revenus futurs

On additionne les trois familles : le RRQ et la PSV; vos REER, CELI, placements, revenus locatifs, revenus corporatifs et dividendes; et vos régimes d'employeur : fonds de pension, régime collectif, FTQ ou Fondaction. Le total, comparé à vos dépenses prévues, donne l'écart à combler.

5

Déterminer la stratégie fiscale

Utilisation intelligente du REER, maximisation du CELI, CELIAPP si vous y êtes admissible, placements corporatifs, fractionnement futur du revenu entre conjoints, planification successorale et gestion de l'ordre des retraits. Une retraite bien planifiée est d'abord une retraite optimisée fiscalement.

6

Établir votre profil d'investisseur

Sécuritaire, modéré, équilibré, croissance ou audacieux. Le choix dépend de votre âge, de votre horizon, de votre stabilité financière, de votre tolérance aux fluctuations et de vos convictions personnelles. Et il évolue : plus la retraite approche, plus la portion sécuritaire du portefeuille doit augmenter.

7

Commencer avec une stratégie réaliste

Le plus important, ce n'est pas le montant. C'est la constance. Une cotisation mensuelle automatique prélevée de votre compte, une augmentation graduelle chaque année ou à chaque hausse de salaire, le réinvestissement de vos retours d'impôt, un prêt REER utilisé de façon stratégique quand ça se justifie, et une diversification qui correspond à votre profil. Un plan modeste qu'on suit pendant vingt ans bat toujours un plan ambitieux qu'on abandonne après six mois : c'est la seule règle qui ne souffre aucune exception.

+

Si vous êtes entrepreneur : les trois piliers

La planification se fait différemment, parce que votre patrimoine repose sur trois choses plutôt qu'une. Votre capital personnel : REER, CELI, placements détenus en votre nom. Vos revenus passifs : immobilier, dividendes, revenus récurrents. Et la valeur de votre entreprise : sa revente, sa succession, les revenus qu'elle produira encore. Le piège classique est de tout miser sur le troisième pilier. Si la vente ne se fait pas au prix espéré, ou pas au moment espéré, il ne reste rien pour les deux premières décennies de retraite. Voir la page Protection d'entreprise

À éviter

Les sept erreurs que je vois le plus souvent.

Commencer trop tard

L'erreur numéro un, et de très loin.

Toutes les autres se corrigent. Celle-là, non : le temps perdu ne se rachète pas. Une personne qui commence à 45 ans devra épargner environ trois fois plus par mois qu'une personne partie à 25 ans pour arriver au même endroit.

Si vous lisez ceci en vous disant qu'il est trop tard : ce n'est pas vrai. C'est simplement plus exigeant, et ça commence aujourd'hui.

02

Ne pas avoir de budget

Sans savoir ce que vous dépensez aujourd'hui, il est impossible d'estimer ce qu'il vous faudra demain. Tout le reste du plan repose sur ce chiffre.

03

Investir sans objectif clair

Épargner « pour épargner » mène à des décisions incohérentes. Un montant cible et une date transforment complètement la façon dont on choisit les placements.

04

Retirer constamment ses placements

Chaque retrait remet le compteur des intérêts composés à zéro sur cette portion. C'est ce qui explique la différence entre les quatre colonnes du graphique du haut de la page.

05

Négliger les assurances

Un plan de retraite non protégé est un plan qui suppose que rien n'arrivera pendant trente ans. C'est une hypothèse coûteuse.

06

Tout mettre au même endroit

Un seul type de placement, une seule institution, un seul compte. La diversification reste la meilleure protection contre les soubresauts des marchés.

07

Ne pas optimiser les impôts

C'est l'erreur la plus discrète et souvent la plus chère. Deux personnes avec exactement le même capital peuvent avoir des revenus nets très différents à la retraite, selon l'ordre dans lequel elles décaissent, selon qu'elles fractionnent ou non leurs revenus de pension entre conjoints, selon le moment où elles demandent leurs rentes gouvernementales, et selon qu'elles déclenchent ou non la récupération de la PSV. Ça ne s'improvise pas l'année où on prend sa retraite : ça se prépare une dizaine d'années avant.

Avant notre rencontre

Les questions à vous poser.

01

À quel âge voulez-vous arrêter, et de quoi vivrez-vous ce jour-là?

Pas « vers 60 ans, on verra ». Une année précise. C'est ce chiffre-là qui détermine combien d'années il vous reste pour accumuler.

02

Combien vous coûte votre vie, aujourd'hui, par mois?

La plupart des gens se trompent de 20 à 30 % sur ce chiffre. Trois relevés bancaires suffisent pour le savoir vraiment.

03

Avez-vous déjà regardé votre relevé de participation au RRQ?

Il est accessible en quelques minutes sur le site de Retraite Québec, et il vous donne votre montant réel, pas le maximum théorique.

04

Si vous avez un fonds de pension : savez-vous s'il est indexé et s'il est coordonné?

Ces deux mots changent des dizaines de milliers de dollars sur une retraite. Les réponses sont sur votre relevé annuel.

05

Combien de droits REER et CELI inutilisés avez-vous accumulés?

C'est écrit sur votre dernier avis de cotisation. Pour beaucoup de gens, c'est la marge de manœuvre la plus importante du dossier, et elle dort.

La suite

Une rencontre, et vous saurez enfin où vous en êtes.

Apportez ce que vous avez : votre dernier avis de cotisation, votre relevé de fonds de pension s'il y en a un, vos relevés de placements. On fait le portrait, on additionne vos trois sources de revenus, on les compare à vos dépenses prévues, et l'écart apparaît. À partir de là, on sait quoi faire. Sans engagement, et sans jargon.