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Protection de l'hypothèque

Quand la banque vous offre son assurance prêt, elle assure son prêt. Une assurance personnelle assure votre famille : montant fixe, prime fixe, bénéficiaires de votre choix, et elle vous suit d'une propriété à l'autre. Voici la différence, en deux graphiques.

Le point de départ

Assurance hypothécaire : prêteur ou compagnie d'assurance?

Les deux coûtent à peu près le même prix la première année. Après, tout diverge : d'un côté la protection fond pendant que la prime grimpe, de l'autre les deux restent immobiles. Survolez une des deux options pour la suivre dans les deux graphiques.

Exemple : homme non-fumeur de 30 ans Prêt de 300 000 $ sur 25 ans à 3 % d'intérêt

Montant d'assurance vie selon le solde hypothécaire

Ce que vos proches recevraient, année après année

400 000 $ 300 000 $ 200 000 $ 100 000 $ 0 an 5 ans 10 ans 15 ans 20 ans 25 ans

Coût de l'assurance, par mois

Ce que vous payez pour cette protection

200 $ 150 $ 100 $ 50 $ 0 an 5 ans 10 ans 15 ans 20 ans 25 ans

Illustration reprise des graphiques du Service de planification financière avancée d'iA Groupe financier. Exemple à titre indicatif : les montants réels dépendent de votre âge, de votre état de santé et des conditions de votre prêt.

Avec le prêteur

Vous payez de plus en plus pour de moins en moins.

Le montant assuré est collé au solde de votre prêt : il fond à mesure que vous remboursez, jusqu'à zéro à la dernière année. La prime, elle, se recalcule à chaque renouvellement selon votre âge, d'où les paliers du graphique de droite.

  • La banque est propriétaire du contrat, et c'est elle la bénéficiaire
  • Au décès, elle rembourse le prêt : votre famille ne touche rien de plus
  • Si vous changez d'institution au renouvellement, l'assurance s'arrête
  • Il faut une assurance différente pour chaque prêt

Le vrai enjeu

Après 25 ans, vous avez payé pour une protection qui ne vaut plus rien, au moment précis où votre santé rend une nouvelle assurance plus chère, ou impossible.

Avec un assureur privé

Le montant reste, la prime aussi.

Vous choisissez le montant, pas la banque. Il peut rester fixe pour toute la durée, ou décroître de 50 % au maximum si vous voulez économiser. La prime est fixée le jour de la signature et ne bouge plus, peu importe votre âge ou les taux d'intérêt.

  • Vous êtes propriétaire du contrat et vous choisissez vos bénéficiaires
  • Vos proches reçoivent l'argent et en font ce qu'ils veulent
  • Vous pouvez magasiner votre hypothèque sans toucher à votre assurance
  • Un seul contrat peut couvrir l'hypothèque et vos autres prêts

Le vrai enjeu

Sur 25 ans, l'écart entre les deux lignes du graphique de droite représente des milliers de dollars, pour une protection qui, elle, n'a pas rétréci.

Survolez ou cliquez une des deux options. Les deux graphiques bougent ensemble.

Les chiffres

Ce que ça donne, dans les faits.

Quatre données qui expliquent pourquoi cette conversation revient si souvent dans mon bureau.

2 sur 3

des détenteurs de prêts hypothécaires ont du mal à respecter leurs engagements financiers.

Statistique Canada, 2024
61 %

disent que leur famille aurait des difficultés à payer les frais courants si le principal pourvoyeur décédait demain.

ACIFA et LIMRA, 2024
55 %

des propriétaires avec un prêt ont une assurance prêt, chez l'institution qui leur a prêté l'argent.

ACIFA et LIMRA, 2024
36 %

des propriétaires avec un prêt n'ont aucune assurance prêt, d'aucune sorte.

ACIFA et LIMRA, 2024

Le comparatif

Point par point, qui obtient quoi.

La colonne du milieu, c'est ce que vous obtenez avec une assurance personnelle. Celle de droite, ce que vous obtenez à la banque.

Assurance personnelleAssurance de l'institution prêteuse
Propriétaire du contratVousLa banque
BénéficiaireLa personne de votre choixLa banque
Usage de l'argentLibre : votre famille en fait ce qu'elle veutLe prêt est remboursé, un point c'est tout
Montant assuréFixe, ou décroissant de 50 % au maximumToujours égal au solde du prêt
PrimeFixe pour toute la durée choisieRecalculée selon votre âge à chaque renouvellement
Si vous changez de banqueVous restez assuréL'assurance prend fin
Un nouveau prêtLe même contrat peut couvrir tous vos prêtsUne assurance différente pour chaque prêt
Devenir permanenteOui, jusqu'à 71 ans, sans questions de santéNon
Maladies graves couvertesJusqu'à 25, en garantie complémentaireGénéralement 3
Vérification médicaleÀ la signature du contratSouvent au moment de la réclamation

Comparaison générale entre une protection individuelle et une assurance prêt collective. Les modalités varient d'une institution à l'autre et d'un contrat à l'autre : les conditions exactes, exclusions et limitations figurent au contrat.

Les protections

Trois risques, un seul contrat.

Le décès n'est pas le seul événement qui empêche de payer une hypothèque. L'invalidité et la maladie grave en empêchent bien plus souvent, et elles se règlent dans le même contrat, en ajoutant une garantie.

Le contrat de base

Multiterme : l'assurance vie

Un seul contrat pour l'hypothèque et tous vos autres prêts.

Vous choisissez la durée exacte, de 10 à 40 ans, pour qu'elle colle à votre prêt, et la prime n'augmente pas d'ici là. Vous choisissez aussi le montant : fixe pour toute la durée, ou décroissant de 50 % au maximum si le budget est serré. Le contrat vous appartient, donc vous pouvez magasiner votre hypothèque sans jamais toucher à votre protection.

  • DuréeDe 10 à 40 ans, au choix, sans hausse de prime en cours de route
  • MontantFixe, ou décroissant jusqu'à 50 % du montant de départ
  • PortéeUn seul contrat peut couvrir plusieurs prêts à la fois
  • Plus tardTransformable en assurance vie permanente jusqu'à 71 ans, sans questions de santé
Le détail qui compteRien ne vous oblige à assurer seulement le solde du prêt. Comme le montant vous appartient, on peut l'ajuster pour couvrir aussi le remplacement du revenu, les autres dettes ou l'héritage que vous voulez laisser, souvent pour moins cher que plusieurs petits contrats séparés.
Garantie complémentaire

Crédit-invalidité

Le versement continue même quand le salaire s'arrête.

Si un accident ou une maladie vous empêche de travailler, cette garantie prend le relais et rembourse en partie ou en totalité le solde de vos prêts. C'est le scénario le plus fréquent des trois, et celui que la plupart des gens n'ont pas couvert.

  • CouvreLe paiement hypothécaire et celui de vos autres prêts
  • S'ajouteÀ votre contrat d'assurance vie, sans deuxième dossier
La différence qui compte. Avec la garantie personnelle, c'est vous qui recevez l'argent, et vous décidez quoi payer en premier. Chez le prêteur, c'est la banque qui l'encaisse.
Garantie complémentaire

Maladie grave

Un montant au diagnostic, pour ne pas vendre la maison.

Un cancer, un infarctus, un AVC : la garantie verse un montant qui vous permet de continuer à payer l'hypothèque pendant la convalescence, de régler les imprévus, et de libérer un proche pour qu'il soit là. Jusqu'à 25 maladies couvertes, contre trois en général du côté de la banque.

  • CouvreJusqu'à 25 maladies graves, selon la garantie choisie
  • UsageLibre : hypothèque, traitements, aide à la maison
Cette garantie a sa propre page : voir l'assurance maladie grave.

Un cas concret

Julie et Amine, sans testament.

Ce qui suit n'a rien à voir avec le prix de l'assurance. C'est ce qui arrive à la maison, selon la protection choisie, et c'est la partie que presque personne ne voit venir.

Mariés, avec des enfants de la même union

Propriétaires à 50 / 50

Ils n'ont pas de testament

Valeur de la maison : 400 000 $

Amine décède

Hypothèque : 300 000 $

Sans assurance

Julie garde l'hypothèque, et une dette envers ses enfants.

Biens400 000 $
Dettes300 000 $
Patrimoine100 000 $
Aux enfants33 333 $

La moitié du patrimoine appartient déjà à Julie. L'autre moitié, 50 000 $, tombe dans la succession : un tiers au conjoint survivant, deux tiers aux enfants.

  • Julie continue de payer l'hypothèque de 300 000 $, seule
  • Elle doit en plus 33 333 $ à ses propres enfants

Ce qu'il faut retenir

Le pire scénario n'est pas seulement financier : Julie doit de l'argent à des enfants mineurs, ce qui l'empêche de disposer librement de la maison.

Avec l'assurance de la banque

La maison est payée, et la dette envers les enfants quadruple.

Biens400 000 $
Dettes0 $
Patrimoine400 000 $
Aux enfants133 333 $

L'assurance rembourse le prêt, donc le patrimoine passe de 100 000 $ à 400 000 $. Bonne nouvelle pour l'hypothèque, mais la succession grossit dans la même proportion.

  • Julie devient propriétaire de la maison à 100 %
  • Elle doit maintenant 133 333 $ à ses enfants, sans liquidités pour les payer

Ce qu'il faut retenir

Rembourser la dette augmente la valeur de la succession. C'est exactement l'effet inverse de ce que la plupart des gens imaginent.

Avec une assurance vie personnelle de 400 000 $

Julie reçoit l'argent, et décide elle-même de la suite.

Patrimoine100 000 $
Aux enfants33 333 $
Capital reçu400 000 $
Il lui reste367 000 $

Le capital est versé directement à Julie, la bénéficiaire désignée : il ne passe pas par la succession. Le patrimoine reste à 100 000 $, donc la part des enfants reste à 33 333 $.

  • Elle règle les 33 333 $ dus aux enfants avec une petite partie du capital
  • Il lui reste 367 000 $ pour rembourser l'hypothèque, ou l'investir et continuer les versements

Ce qu'il faut retenir

Même montant d'assurance, résultat complètement différent, parce que l'argent va à une personne plutôt qu'à un solde de prêt.

Exemple simplifié, en l'absence de testament, selon les règles de dévolution légale du Québec (un tiers au conjoint marié, deux tiers aux enfants). Chaque situation est différente (notamment pour les conjoints de fait, qui n'héritent pas automatiquement), et un testament change tout. Pour votre cas précis, c'est un notaire qu'il faut consulter; ma part du travail, c'est de m'assurer que le capital soit là.

L'essentiel

À quoi sert cette protection.

Elle ne sert pas à « protéger la maison ». Elle sert à protéger les gens qui vivent dedans.

Rester dans la maison

Ne pas avoir à vendre dans les mois qui suivent, au pire moment, parce que les versements ne rentrent plus.

Garder le choix

L'argent va à votre conjoint, pas à un solde de prêt. C'est lui ou elle qui décide : rembourser, investir, ou les deux.

Ne pas repartir de zéro

Une protection qui vous suit d'une propriété à l'autre, d'une banque à l'autre, sans repasser de questionnaire médical.

Les avantages

Sept raisons de ne pas signer au comptoir.

Le contrat
vous appartient

C'est le point de départ de tout le reste.

Propriétaire du contrat, vous choisissez le montant, la durée, les bénéficiaires, et vous pouvez changer de banque quand ça vous chante sans que votre protection en souffre.

Chez le prêteur, le contrat appartient à l'institution : elle en est aussi la bénéficiaire.

01

Un montant qui ne fond pas

Il reste au même niveau toute la durée du prêt. Vous pouvez aussi choisir qu'il décroisse, mais de 50 % au maximum, jamais jusqu'à zéro.

02

Une prime qui ne bouge pas

Fixée le jour de la signature, pour toute la durée choisie. Même si les taux d'intérêt montent, même si vous changez de prêteur, même en vieillissant.

03

Vous choisissez qui reçoit

Votre conjoint, vos enfants, la personne de votre choix, et cette personne utilise l'argent comme elle l'entend. À la banque, le bénéficiaire, c'est la banque.

04

Le montant est garanti

Le questionnaire médical se règle à la signature, pas au moment de la réclamation. Vos proches savent aujourd'hui ce qu'ils recevront ce jour-là.

05

Elle peut devenir permanente

Jusqu'à 71 ans, sans nouvelles questions de santé. Ce qui a commencé comme une protection d'hypothèque peut finir en protection de patrimoine.

06

Un seul contrat, tous vos prêts

Hypothèque, prêt auto, marge, prêt rénovation : au lieu d'une petite assurance par produit, souscrite chaque fois au comptoir, un seul contrat les couvre tous. Et comme le montant vous appartient, on peut l'étirer un peu pour y ajouter ce que l'hypothèque ne couvre pas : le remplacement du revenu, les études des enfants, l'héritage. C'est souvent moins cher que la somme des petites assurances qu'on accumule sans s'en rendre compte.

Points de vigilance

Ce qu'il faut regarder avant de décider.

Le moment

C'est à la signature de l'offre d'achat que ça se joue.

Une fois l'hypothèque signée au comptoir avec l'assurance de la banque cochée, le réflexe est de ne plus y revenir. Or c'est précisément le moment où vous êtes le plus jeune et en meilleure santé que vous ne le serez jamais.

Il n'est jamais trop tard pour changer, mais ça coûte plus cher chaque année.

01

La vérification tardive

Plusieurs assurances prêt n'analysent votre dossier médical qu'au moment de la réclamation. On peut donc payer des primes pendant des années pour une protection qui sera refusée.

02

Le testament, à part

L'assurance met le capital au bon endroit; le testament décide de tout le reste. Sans testament, c'est la loi qui répartit, et le résultat surprend souvent, comme dans le cas plus haut.

03

Les conjoints de fait

Au Québec, un conjoint de fait n'hérite pas automatiquement, même après vingt ans et deux enfants. La désignation de bénéficiaire d'une assurance, elle, ne dépend pas de ça.

04

Le renouvellement de l'hypothèque

Si vous empruntez davantage au renouvellement, la portion neuve est réassurée à votre âge et selon votre santé du moment, donc plus cher, et parfois refusée.

05

Ne résiliez rien avant que la nouvelle protection soit en vigueur

C'est l'erreur classique. On annule l'assurance de la banque le jour où on décide de magasiner ailleurs, et il s'écoule quelques semaines avant que le nouveau contrat soit accepté et émis. Entre les deux, il n'y a rien. On règle ça simplement : on met la nouvelle protection en place d'abord, on annule l'ancienne ensuite.

Pour qui

Qui devrait au moins comparer.

Si vous vous reconnaissez dans une de ces situations, l'écart entre les deux options vaut la peine d'être chiffré.

Premiers acheteurs

Le moment où la protection coûte le moins cher, et où on l'accepte le plus souvent sans la lire.

Renouvellement à venir

C'est la fenêtre naturelle pour changer, surtout si vous songez à magasiner votre taux ailleurs.

Jeunes familles

Deux revenus engagés, des enfants à charge : c'est là que l'écart entre « le prêt est payé » et « la famille est protégée » est le plus grand.

Conjoints de fait

Sans testament, la loi ne vous reconnaît pas comme héritier. Une désignation de bénéficiaire, elle, vous reconnaît.

Travailleurs autonomes

Aucun régime collectif derrière vous : la garantie invalidité sur le prêt devient nettement plus importante.

Plusieurs prêts

Hypothèque, auto, marge, rénovations : au lieu d'une assurance par produit, un seul contrat pour l'ensemble.

Propriétaires d'un immeuble locatif

Deux prêts, deux assurances au comptoir, deux primes qui montent. Ou un seul contrat qui couvre les deux.

Déjà assuré à la banque

Vous n'avez rien à annuler pour comparer. On chiffre les deux, et vous décidez après.

Avant notre rencontre

Les questions à vous poser.

01

Si vous décédiez demain, qui recevrait l'argent : votre famille, ou votre institution financière?

C'est la seule question à poser au comptoir. La réponse figure dans le contrat, à la ligne « bénéficiaire ».

02

Combien vaudra votre protection dans quinze ans?

Si elle est collée au solde du prêt, elle vaudra à peu près la moitié de ce qu'elle vaut aujourd'hui. Et vous, vous paierez plus cher.

03

Si vous changiez de banque au renouvellement, votre assurance vous suivrait-elle?

Sinon, magasiner votre taux revient à recommencer votre assurance à zéro, avec l'âge et l'état de santé que vous aurez à ce moment-là.

04

Votre dossier médical a-t-il été analysé quand vous avez signé, ou le sera-t-il seulement au moment de la réclamation?

La différence entre les deux, c'est de savoir aujourd'hui si vous êtes couvert, ou de le découvrir au pire moment.

05

Et si vous ne mouriez pas, mais que vous ne pouviez plus travailler pendant deux ans?

C'est de loin le scénario le plus probable des trois, et celui que la plupart des gens n'ont pas couvert du tout.

La suite

Apportez votre relevé hypothécaire, je vous montre les deux chiffres.

Ce que vous payez aujourd'hui à la banque, ce que la même protection coûterait à votre nom, et ce que chacune vaudrait dans quinze ans. Vous décidez après. Sans engagement.