
Entre les boires de nuit et les rendez-vous chez le pédiatre, l'administratif passe au dernier rang, et c'est normal. Mais cinq dossiers ont une fenêtre plus courte qu'on pense, et les rouvrir plus tard coûte souvent plus cher, en argent ou en tracas, que de les régler dans les 90 premiers jours.
Votre police d'assurance vie, votre REER, votre CELI : tous ont une désignation de bénéficiaire qui date d'avant l'enfant. Elle ne se met pas à jour toute seule. Si le montant doit un jour profiter à votre enfant, c'est le moment de vérifier qui est réellement inscrit, et sous quelle forme.
Le calcul change du jour au lendemain : un dépendant de plus, souvent une hypothèque plus lourde, et un seul revenu pendant le congé parental. Le montant de protection qui semblait suffisant avant la grossesse ne l'est probablement plus.
C'est le point le plus souvent oublié : un testament règle vos biens, mais la garde de votre enfant est une question distincte. Si le dernier parent vivant n'a désigné personne, le Code civil impose la convocation d'une assemblée d'au moins cinq proches pour trancher, et si personne ne peut agir, c'est le Directeur de la protection de la jeunesse qui prend l'enfant en charge, en attendant une famille d'accueil. Nommer un tuteur (et un remplaçant) dans un testament ou un mandat de protection évite complètement cette procédure : la personne que vous avez choisie entre en fonction sans intervention du tribunal.
Le RQAP remplace une partie du salaire, pas la totalité : de 55 % à 75 % selon le régime choisi, jusqu'à un revenu assurable maximal de 103 000 $ en 2026. Faire le budget du congé avec le vrai pourcentage, pas avec le salaire habituel, évite les mauvaises surprises vers le troisième mois.
Deux allocations non imposables s'additionnent : l'Allocation canadienne pour enfants (fédérale) et l'Allocation famille du Québec, versée par Retraite Québec. La portion québécoise démarre automatiquement dès l'inscription de la naissance à l'état civil, mais la portion fédérale doit généralement être demandée séparément. Ensemble, elles représentent plusieurs milliers de dollars par année, non imposables.
Un sixième dossier, le REEE et les subventions gouvernementales qui viennent avec, mérite son propre article : les règles de cotisation et les subventions perdues si on attend trop longtemps changent le calcul plus qu'on pense.
Faire le point avant que la liste s'allonge
Les montants et taux cités (RQAP, allocations familiales) sont ceux en vigueur en 2026 et sont indexés annuellement. Cet article résume de l'information générale, notamment sur la tutelle et la succession au Code civil du Québec, et ne constitue pas un avis juridique personnalisé.