
«J'ai une assurance collective au travail» est la réponse la plus fréquente à la question «êtes-vous protégé?», et c'est souvent vrai, en partie. Le régime collectif est un vrai bénéfice, pas une raison de ne rien vérifier.
La plupart des régimes collectifs couvrent une assurance vie de base, souvent 1 à 2 fois le salaire annuel, plus une protection invalidité de courte et parfois longue durée, sans questionnaire médical détaillé à l'embauche. C'est un vrai avantage : obtenir cette même protection de façon individuelle demande une preuve d'assurabilité, pas toujours accordée.
Voici ce qui surprend presque tout le monde : si l'employeur paie la prime de votre assurance invalidité collective, en tout ou en partie, la prestation que vous toucherez un jour est imposable. Un régime qui annonce «70 % du revenu» remplace donc, dans les faits, souvent moins de 50 % du revenu net une fois l'impôt retenu. Ce n'est écrit nulle part sur le dépliant du régime : c'est seulement si les primes sont entièrement payées par l'employé (souvent par retenue sur la paie) que la prestation devient libre d'impôt.
Une ou deux fois le salaire annuel semblait peut-être suffisant en début de carrière, sans hypothèque, sans enfant. Le montant du régime collectif, lui, ne s'ajuste jamais tout seul : il reste fixe, peu importe ce qui change dans votre vie.
Le régime appartient à l'employeur, pas à vous. Changez d'emploi, et la protection s'arrête le dernier jour, avec, dans la plupart des cas, une fenêtre très courte pour convertir une partie en police individuelle, sans preuve médicale mais à un tarif moins avantageux. Entre deux emplois, ou si l'employeur change d'assureur ou réduit le régime, la protection peut aussi changer sans que vous ayez signé quoi que ce soit : c'est le contrat de l'employeur, pas le vôtre.
Le régime collectif n'est pas à remplacer, il est à compléter. La question à poser n'est pas «suis-je couvert», mais «couvert pour combien, net d'impôt, et jusqu'à quand».
Vérifier ce que mon régime collectif couvre vraiment
Les règles fiscales varient selon qui paie la prime (employeur, employé, ou partagée) et selon le type de régime; cet article résume des principes généraux et ne remplace pas la lecture de votre propre contrat collectif ou une consultation avec votre conseiller.